Retard sur NIS 2 : Comment la France fragilise son influence à Bruxelles sur la cybersécurité

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Retard sur NIS 2 : Comment la France fragilise son influence à Bruxelles sur la cybersécurité

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Édition du 11 juin 2026

A la une

La France risque de payer cher son retard sur NIS 2. Selon Politicola Commission européenne s’apprête à saisir la Cour de justice de l’Union européenne contre Paris pour non-transposition de la directive, près de vingt mois après l’échéance fixée au 17 octobre 2024. Au-delà d’une potentielle amende de plusieurs millions d’euros, cette procédure met en lumière un décalage de plus en plus difficile à justifier entre les ambitions affichées par la France en matière de cybersécurité et sa capacité à traduire ces orientations dans son propre droit.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que NIS 2 constitue l’une des réformes les plus structurantes du cadre cyber européen. La directive étend les obligations de cybersécurité à plus de 15 000 entités françaises, contre quelques centaines auparavant, et impose de nouvelles exigences en matière de gouvernance, de gestion des risques, de continuité d’activité ou encore de sécurité des fournisseurs. Pourtant, le projet de loi visant à transposer NIS 2, mais aussi la directive CER et certaines dispositions de DORA, reste bloqué au Parlement sur fond de désaccord autour des backdoors.

Le principal risque est désormais politique. Alors que Bruxelles prépare déjà des ajustements de NIS 2 et que la directive doit faire l’objet d’une révision complète d’ici 2027, la crédibilité française pourrait s’éroder dans les négociations à venir. Comme l’a souligné le député Philippe Latombe, un État qui ne met pas en œuvre les règles qu’il défend peine à peser sur leur évolution.

L’essentiel à savoir

Avec Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, Anthropic inaugure un nouveau modèle d’accès à l’IA. Si Fable 5 est disponible pour le grand public, certaines capacités avancées liées à la cybersécurité sont réservées à Mythos 5, accessible uniquement à des partenaires sélectionnés. Pour Anthropic, les modèles les plus performants sont aussi ceux qui présentent les risques les plus importants en matière de sécurité. Une évolution qui pourrait préfigurer un marché où l’accès aux capacités d’IA les plus sensibles sera soumis à autorisation plutôt qu’à un simple abonnement.

Une cyberattaque contre Rennes expose les données professionnelles de 5500 agents. La Ville de Rennes et Rennes Métropole ont annoncé avoir été victimes d’une cyberattaque ayant entraîné le vol de données issues de leur annuaire interne. Les informations concernées incluent notamment les noms, coordonnées professionnelles, fonctions et rattachements hiérarchiques d’environ 5500 agents. Selon la collectivité, aucune donnée personnelle des habitants n’a été affectée.

Cloud souverain : Qui est Nubevia, ce nouveau fournisseur français qui veut libérer les PME des géants américains ? Né du rapprochement d’ARD-Com, Hosteur et TAS Cloud Services, Nubevia entend se faire une place sur le marché du cloud, de l’infogérance et de la cybersécurité. Le nouveau groupe vise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans en mêlant acquisitions et croissance organique, sur fond d’intérêt croissant des organisations pour les enjeux de souveraineté numérique.

Microsoft publie le plus important Patch Tuesday de son histoire avec plus de 200 vulnérabilités corrigées. Microsoft a déployé ce mois-ci le plus important Patch Tuesday jamais enregistré, avec plus de 200 vulnérabilités corrigées selon les décomptes des chercheurs en sécurité. Parmi elles figure une faille critique du noyau Windows qui pourrait permettre à un hacker de prendre le contrôle d’une machine à distance sans interaction de l’utilisateur. Microsoft estime que les outils d’IA contribuent à accélérer la découverte de failles, une tendance qui devrait se traduire par des volumes de correctifs toujours plus importants dans les mois à venir.

Interdit de cibler WhatsApp, NSO est accusé d’avoir recommencé. WhatsApp affirme avoir détecté et bloqué une nouvelle campagne de phishing liée à NSO Group, l’éditeur du logiciel espion Pegasus. Selon Meta, les attaquants tentaient d’inciter des utilisateurs à cliquer sur des liens malveillants menant vers des sites externes afin de compromettre leurs appareils. L’entreprise accuse NSO d’avoir violé l’injonction permanente prononcée par un tribunal américain en 2025, qui lui interdit de cibler WhatsApp et ses utilisateurs.

La fuite de données de la semaine

Tchap, la messagerie sécurisée de l’État, victime d’une compromission, un attaquant revendique l’accès à 643 000 messages. Après l’ANTS et l’Agence du service civique, la messagerie Tchap a été victime d’une compromission liée à l’usurpation d’un compte utilisateur. Si la Dinum et l’Anssi assurent que les conversations privées chiffrées n’ont pas été exposées, un hacker affirme avoir eu accès à plus de 643 000 messages, près de 900 salons et 59 000 fichiers. Les investigations doivent désormais déterminer l’étendue réelle des données consultées ou exfiltrées.

La levée de fonds de la semaine

Cyera lève 600 millions de dollars pour sécuriser les données utilisées par l’IA en entreprise. L’entreprise américaine développe une plateforme de Data Security Posture Management (DSPM) capable d’identifier automatiquement les données sensibles dispersées dans les systèmes d’information grâce à des moteurs d’analyse sémantique basés sur l’IA. À partir de cette cartographie, Cyera aide les entreprises à contrôler quels utilisateurs, applications et agents d’IA peuvent accéder à ces informations. La société étend désormais sa plateforme à la prévention des fuites de données (DLP), à la gestion des identités et à la gouvernance des usages de l’IA.

Le focus réglementaire et conformité

“Une montée en puissance inachevée” : la Cour des comptes salue l’adaptation de la Cnil au RGPD mais épingle sa gestion des plaintes. Saisie d’une initiative citoyenne, la Cour des comptes livre un bilan contrasté de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Elle salue une adaptation “globalement” réussie au RGPD, mais épingle le traitement des plaintes et la trajectoire de la masse salariale.

Le coin opérationnel

Face à l’IA, la CISA revoit sa stratégie de gestion des vulnérabilités. L’agence américaine chargée de la cybersécurité impose aux administrations fédérales une nouvelle méthode de priorisation des correctifs de sécurité. Plutôt que de traiter les vulnérabilités uniquement selon leur niveau de gravité, les agences devront désormais prendre en compte quatre critères : l’exposition du système, la présence de la faille dans le catalogue des vulnérabilités activement exploitées (KEV), le degré d’automatisation possible de l’attaque et l’impact technique potentiel après compromission. L’objectif est de concentrer les efforts sur les vulnérabilités présentant le risque opérationnel le plus élevé, dans un contexte où l’IA pourrait accélérer la découverte et l’exploitation des failles par les attaquants.

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