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| SIGNAL |
| Toute l’IA. Sans le bruit. |
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| Édition #3 · Jeudi 10 septembre 2026 · 16 min |
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| Bonjour, c’est Alexandre 👋 |
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| Quand on travaille dans le secteur de l’IA, on croule souvent sous les annonces. On nous annonce toutes les semaines un nouveau modèle exceptionnel, une nouvelle révolution, ou un nouvel outil qui va tout changer. La réalité, c’est qu’après quelques tests et quelques semaines, c’est rarement le cas.
Il n’empêche que l’IA avance, s’améliore vite. Très vite même. Et le nouveau modèle d’OpenAI semble réellement marquer un vrai tournant sur bon nombre de domaines.
Il n’y a qu’à l’usage qu’on pourra dire s’il est aussi bon qu’annoncé, mais tout comme l’arrivée d’agents IA pour le grand public, cela laisse entrevoir à quoi pourrait ressembler le futur. C’est aussi excitant qu’inquiétant, et on décrypte tout ça ensemble cette semaine ! |
| Ça peut servir à quelqu’un que vous connaissez ? Envoyez-lui cette édition : par email, sur LinkedIn ou sur WhatsApp. Le message est déjà écrit, il n’y a plus qu’à envoyer. |
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| Les signaux de la semaine |
| 01 |
GPT-6 Astra est sorti, et il ne se contente plus de répondre |
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| Ce qui a été annoncé. Le 3 septembre à San Francisco, OpenAI a présenté GPT-6 Astra, son modèle le plus puissant, disponible dans les jours qui ont suivi. Il est ouvert aux abonnés Pro, Enterprise et Business Premium, dans l’API, et il arrive au compte-gouttes chez les comptes Plus. Il encaisse 1,05 million de tokens de contexte, de quoi tenir une très longue session de travail sans oublier les consignes du début. |
| Le vrai changement. Il pilote un ordinateur. Il prend des captures d’écran, les analyse, puis clique, tape et navigue seul : il remplit un formulaire, met à jour une fiche client dans un CRM, installe puis teste un logiciel. OpenAI appelle ça le computer use, le passage du vibe coding au vibe doing, la machine qui agit à votre place au lieu de décrire la marche à suivre. Ça se passe dans l’application ChatGPT de bureau, en mode Work ou Codex, avec un plugin Computer Use à activer, puis @Computer ou @Chrome dans votre message. |
| Les usages qui n’existaient pas. Rien dans l’entraînement d’un modèle de langage ne l’obligeait à comprendre l’espace. Sur Blueprint-Bench 2, qui donne une vingtaine de photos d’intérieur et demande le plan de l’appartement, tous les modèles rendaient encore du bruit il y a un an. Astra prend la tête à 0,49 là où l’humain est à 0,59 : il commence à se représenter un lieu sans qu’on le lui décrive, ce dont dépendent un robot domestique ou des lunettes qui affichent une flèche vers la sortie. Une illustratrice lui a fait colorier ses dessins au trait dans son logiciel, en gérant les calques et les brosses toute seule. |
| Pourquoi on en parle autant. Parce qu’OpenAI a assumé le mot AGI dans son discours de lancement, une première. Et parce qu’un chiffre a fait le tour du web en vingt-quatre heures : 98,6 % sur ARC-AGI-3, un test de raisonnement où les modèles plafonnaient sous 1 % six mois plus tôt, avec le dispositif de test fourni par OpenAI. Sur le pilotage d’ordinateur, la progression est nette : 72,6 % sur OSWorld contre 65,7 %, en divisant presque par deux le temps par tâche. Sur le code, le bond est modeste, 74,1 % contre 72,7 %, au coude-à-coude avec Gemini 3.8 Flash et Claude Opus 5. |
| Les doutes qui subsistent. C’est le premier modèle qu’OpenAI classe elle-même au seuil de cybersécurité critique : en test, il a écrit des exploits pour des systèmes durcis et trouvé deux failles inconnues. La version grand public refuse donc les tâches de sécurité avancées. Côté usage courant, comptez quarante minutes par tâche sur le pilotage d’ordinateur, et la session de l’illustratrice a mangé 21 % de son quota mensuel. Sur l’écriture, il recule nettement par rapport à son prédécesseur. Et le prix a doublé et demi : dix dollars le million de tokens en entrée, cinquante en sortie. En France, l’abonnement Plus à 23 euros ne donne pas Astra dans le chat, il faut Pro, à partir de 103 euros par mois. |
| Voir la source Frandroid, 7 septembre |
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| 02 |
Meta et xAI mettent un assistant autonome entre les mains de tout le monde |
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| Ce qui a été annoncé. Le 8 septembre, Meta a lancé Muse, un assistant qui rédige et envoie vos mails, réserve un voyage, remplit un formulaire, transforme une recette enregistrée sur Instagram en liste de courses, négocie une facture, et paie. Palier gratuit avec quota hebdomadaire, puis 20 et 100 dollars par mois. Il vit dans une application, sur le web, et dans les conversations WhatsApp. Aux États-Unis seulement, sans date pour l’Europe. Un mois plus tôt, xAI ouvrait Grok Bot sur le même principe, avec une place de marché où l’on installe l’agent de quelqu’un d’autre en un clic. |
| Ce que ça déplace. Ce genre d’agent existait déjà. OpenClaw, gratuit et open source, s’installe sur votre machine avec vos propres clés d’accès aux modèles. Hermes Agent demande de l’héberger soi-même. Les deux supposent un terminal et la responsabilité entière de la sécurité, ce qui les réservait aux techniciens. Muse et Grok Bot arrivent déjà branchés à vos comptes et se pilotent en écrivant une phrase. C’est le passage d’un outil de spécialiste à un produit de masse. |
| Ce que ça annonce si vous vendez quelque chose. Votre prochain visiteur sera un programme. Un agent qui compare et achète ne regarde pas vos photos, ne se laisse pas ralentir par votre tunnel de commande et ne clique pas sur votre bandeau promotionnel : il lit vos données produit, vos prix et vos délais. Et la plomberie s’installe vite. Visa a testé son dispositif de paiement agentique avec plus de trente banques européennes depuis le printemps, Mastercard a lancé Agent Connect le 9 septembre, et 46 % des marchands interrogés refusent qu’un agent décide des prix. Le testeur de Muse a abandonné un achat Amazon parce que l’agent proposait une livraison douze jours plus tard que l’application : le marchand qui expose proprement ses stocks et ses délais sera choisi, l’autre sera sauté. |
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Ce que ça annonce si vous vendez du service. Les tests indépendants dessinent une frontière nette. Sur la lecture et le tri, ça marche : courrier trié tous les matins à cinq heures, messages sans réponse relancés à dix-huit heures. Sur la transaction, ça bloque. La partie de votre métier qui consiste à lire, trier, résumer et relancer se dévalue cette année. Celle qui consiste à décider, engager votre responsabilité et rassurer quelqu’un prend de la valeur. Si vous êtes indépendant, c’est là que se joue votre tarif horaire des dix-huit prochains mois, et vous n’attendrez pas Muse pour le vérifier : donnez cette semaine une tâche de lecture seule à l’outil que vous avez déjà. |
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| Voir la source Blog du Modérateur, 9 septembre |
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| 03 |
OpenAI dit avoir résolu Navier-Stokes, un mathématicien de NYU raconte les coulisses |
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| Les faits. Le 8 septembre, OpenAI affirme avoir démontré que les équations de Navier-Stokes, qui décrivent l’écoulement d’un fluide, peuvent produire une singularité en temps fini : un point où la vitesse devient infinie. C’est l’un des sept problèmes du prix du millénaire, avec une récompense de un million de dollars chacun. Le dispositif n’a rien d’un chatbot : un modèle interne non public, dix mille agents en parallèle, 88 heures de calcul, 166 pages, et une facture estimée à 2,6 millions de dollars. |
| Ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas. La preuve a été vérifiée en Lean, un logiciel qui contrôle ligne par ligne qu’une démonstration est logiquement correcte. Ça garantit l’absence d’erreur de raisonnement, et rien de plus : l’énoncé officiel comporte quatre options, et OpenAI a traité les deux qui autorisent une force extérieure ajoutée, celles que la profession juge les moins profondes, puisqu’on choisit alors soi-même la poussée qui provoque l’explosion. Le Clay Institute liste toujours le problème comme non résolu. |
| Ce que ça annonce. Terence Tao, probablement le mathématicien le plus respecté en activité, pose le problème autrement : « Il y a eu cette année un découplage très étrange et sans précédent entre obtenir des réponses et obtenir de la compréhension. » Selon lui, on pose ces grands problèmes parce que les chercher fait progresser toute la discipline. Mais à la vitesse où l’IA risque de les résoudre prochainement, cela risque de ne plus être vraiment utile si nous n’avons pas à l’échelle humaine la capacité de compréhension et d’assimilation nécessaire. C’est le véritable enjeu à l’ère de l’IA. |
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Ce que ça change pour vous. Vous ne travaillez pas sur Navier-Stokes. Mais la même mécanique arrive sur votre métier, et dans cet ordre : un résultat correct, une documentation illisible, et personne pour expliquer comment il a été obtenu. Le réflexe à installer maintenant, sur chaque livrable que vous produisez avec une IA : notez ce que vous avez vérifié vous-même, et ce que vous n’avez pas vérifié. Quelques lignes pour résumer le document et la procédure, qui apporteront le contexte et les infos utiles à celui qui lira votre document. |
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| Le point de vigilance. Il y a une deuxième histoire dans celle-là, et elle n’est pas mathématique. Tristan Buckmaster, de l’université de New York, travaillait exactement sur cette voie avec Levent Alpöge, qui est chez Anthropic. Il a publié une déclaration datée : OpenAI a lancé son effort le 1er septembre, après avoir appris que des concurrents étaient proches, puis lui a proposé de signer seul l’article. Sébastien Bubeck aurait insisté deux fois pour retirer Alpöge de la signature, trouvant gênant qu’il travaille chez Anthropic. Quand Buckmaster a menacé de rendre l’échange public : « Pourquoi ruineriez-vous votre carrière ? » |
| Voir la source franceinfo, 9 septembre |
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Le décryptage
Francis Lelong
CEO Alegria Group
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| GPT-6 annonce l’AGI. Sauf que l’AGI, personne n’est d’accord sur ce que c’est |
| Le 7 septembre, Jensen Huang publie sur X une phrase qui a tourné en boucle toute la semaine : l’intelligence artificielle générale est arrivée. Le patron de Nvidia réagissait au lancement de GPT-6 Astra, avec les chiffres qui vont avec : plus de cent mille de ses puces les plus puissantes pour entraîner le modèle, de ChatGPT à Astra en quatre ans, et quatre cent mille processeurs supplémentaires qui arrivent en ligne dans la foulée.
Sauf qu’avant de fêter quoi que ce soit, il faut se demander ce que ce mot désigne.
Un modèle comme Astra fonctionne en calculant le mot suivant le plus probable, à partir de ce qu’il a lu. Réduire ça à une devinette statistique serait inexact : pour choisir la suite, il projette le texte dans un espace à plusieurs dimensions, y construit des représentations internes et manipule des concepts abstraits. Il ne pense pas au sens où vous et moi pensons, il n’a pas d’intention propre, mais il traite l’information de façon structurée et il en sort un raisonnement. Astra manipule des représentations du monde bien plus complexes que ses prédécesseurs, sans éprouver ce qu’il traite.
L’AGI, elle, désigne autre chose : un système au niveau d’un humain, ou au-dessus, sur la quasi-totalité des tâches intellectuelles. Le problème, c’est qu’aucun seuil chiffré, aucun test unique et aucun classement ne fait consensus pour dire quand ce cap est franchi. Le test de Turing a été dépassé depuis longtemps, et jugé insuffisant depuis presque aussi longtemps.
Ce flou arrange tout le monde. Huang peut crier victoire en s’appuyant sur des succès ciblés. Ses contradicteurs peuvent la nier en pointant l’absence d’autonomie réelle et de transfert d’un domaine à l’autre. Et sur le papier, personne n’a tort. Faute de définition ferme, l’AGI a glissé de la référence théorique vers l’outil marketing, puis vers l’argument géopolitique. Chacun l’interprète en fonction de ses propres intérêts, et Huang n’est pas un observateur neutre : Nvidia vend les puces qui rendent Astra possible, et son chiffre d’affaires a doublé à 96,2 milliards de dollars sur cette course. Il vend des cartes graphiques, pas des définitions philosophiques.
Astra n’a pas changé la définition de l’AGI. Il a changé qui la brandit.
Et voilà le détail qui m’intéresse le plus. Dans son propre dossier de sécurité sur Astra, OpenAI ne parle pas d’AGI. Elle classe le modèle au niveau critique sur la cybersécurité, un cran jamais atteint, capable de trouver des failles inconnues et de les exploiter sur des systèmes bien protégés. Une capacité redoutable, ciblée, mesurable. Pendant des années, l’entreprise a expliqué que ce mot ne servait à rien. Et le 3 septembre, son président l’a prononcé sur scène.
Pourquoi ce revirement, précisément maintenant ? Je décrypte tout ça dans la vidéo de cette semaine. La réponse ne tient pas au modèle, elle ne tient pas non plus aux benchmarks, et elle va beaucoup plus loin que ce qu’imaginent la plupart des gens. |
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| En bref |
| L’actu qui compte, mais qui tient en trois lignes. |
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ChatGPT Images 2.5 vous laisse enfin diriger le résultat. Sorti le 8 septembre, deux fois plus rapide, des textures et une lumière plus réalistes, une retouche qui n’abîme plus les zones voisines. La nouveauté qui compte s’appelle Sketch : vous griffonnez la composition à la main et le modèle la respecte. Le signal, c’est que produire une image redevient un travail de direction artistique au lieu d’une loterie à prompts. Voir |
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| 💳 |
Le premier paiement par IA en France annonce une économie d’agents. Le 7 septembre, Revolut et Visa ont fait passer une transaction chez un revendeur de logiciels, avec une empreinte à la place du code. C’est un pilote fermé, la fonction n’existe pas dans l’application. Le signal est dans la vitesse d’installation de la plomberie : Visa a testé le dispositif avec plus de trente banques européennes depuis le printemps. La brique qui manque, c’est de savoir qui paie quand l’agent se trompe de panier. Voir |
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| 🇪🇺 |
Mistral lève 3 milliards et devient un fournisseur d’infrastructure. Valorisation au-delà de 21 milliards, presque le double d’il y a un an, Samsung en chef de file. Le changement de métier tient en trois engagements : un gigawatt de calcul en Europe d’ici 2030, le choix de la région où votre requête est traitée, et l’hébergement de modèles ouverts venus d’ailleurs, y compris chinois. Mistral vend donc le coffre-fort autant que le modèle, et c’est la première offre européenne où vous savez où atterrissent vos données clients. Voir |
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| Le bruit qu’on a ignoré |
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Le nouveau Siri d’Apple, l’IA que les Européens n’auront pas. Siri passe sous modèles Gemini de Google le 14 septembre et parlera français en octobre, mais Apple écrit noir sur blanc qu’il n’arrivera pas sur iPhone dans l’Union européenne, sans calendrier. Le motif mérite d’être lu de près : selon Apple, le DMA l’obligerait à donner à n’importe quel assistant concurrent un accès direct à vos données privées et la capacité de piloter vos autres applications. On écarte l’annonce parce qu’un assistant qu’on ne peut pas essayer ne change rien à votre semaine. Le signal, lui, vaut pour tous les outils que vous installez : un assistant ne devient utile qu’en lisant vos mails, vos messages et votre agenda. Avant d’en activer un, regardez qui obtient cet accès et ce qu’il en fait, avant même de regarder ce qu’il sait faire. Voir |
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| 🚨 |
« Ils foncent vers une superintelligence qui s’améliore seule et ils jouent avec nos vies. » Un chercheur quitte Anthropic, publie ça sur X, et fait 90 millions de vues en vingt-quatre heures. Deux de ses anciens collègues confirment publiquement qu’il n’a pas tort sur le fond. Ce qu’on écarte, c’est le refrain de l’IA qui va tous nous tuer : à force, il fait perdre en crédibilité ceux qui alertent sérieusement. Qu’il faille réguler, personne ne le conteste ici. On préfère les alertes datées, du type des agents d’OpenAI qui ont tenu un forum clandestin sur un wiki allemand pendant deux mois sans que personne s’en aperçoive. Voir |
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| 🦷 |
La brosse à dents Dyson qui filme l’intérieur de votre bouche, 479 euros. C’est bien de l’IA, et beaucoup : une caméra de 100 000 pixels dans la tête de brosse, un modèle entraîné sur 470 000 images dentaires, et 28 analyses par seconde pour viser un jet entre deux dents. Le signal, c’est que l’IA entre dans les objets du quotidien et qu’elle sert d’abord à justifier le prix, ici deux fois le haut de gamme pour faire ce qu’un fil dentaire fait déjà. Laissez les autres payer la version 1. Voir |
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| Une tâche en moins |
| Chez nous, cette semaine |
| Arrêter de taper ses prompts, et les dicter |
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| Le point de départ. Taper « corrige mon texte » prend trois secondes. Taper le contexte complet, l’objectif, le ton voulu et ce qu’il ne faut surtout pas dire, ça prend cinq minutes, et je lâchais à la moitié une fois sur deux. À l’oral on parle autour de 150 mots par minute. Au clavier on tape autour de 40, et je tape avec deux doigts. |
| Ce qu’on a branché. Open Whisper, gratuit et open source, qui tourne en local sur la machine. Rien ne quitte l’ordinateur, ça marche sans connexion, et un petit modèle sous 100 Mo passe à peu près partout. L’alternative payante existe, Whisper Flow, SuperWhisper ou Typeless, entre 8 et 30 dollars, qui se glissent dans n’importe quelle application mais envoient votre voix sur des serveurs. Et l’alternative déjà installée, le bouton micro de ChatGPT : gratuit, ponctuation approximative, noms propres massacrés. |
| Le résultat. Le gain que je n’avais pas prévu, c’est le nettoyage. Quand je dis « non, attends, mets plutôt ça », l’outil garde la formulation finale et jette la première. |
| Le montage, étape par étape |
| 1 |
Installez Open Whisper sur votre machine. Comptez cinq minutes, c’est un peu plus technique qu’une application grand public. |
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| 2 |
Téléchargez un modèle de transcription. Commencez par le plus petit, vous monterez si la machine suit. |
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| 3 |
Cochez l’exécution en local, pour que rien ne sorte de l’ordinateur. |
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| 4 |
Testez sur une tâche réelle. Dictez le contexte, votre objectif, le ton, et l’élément à ne surtout pas mentionner. |
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| 5 |
Corrigez chaque nom propre mal transcrit une fois. Il entre dans le dictionnaire et ne se retrompe plus. |
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| Nos conseils si vous le refaites |
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Dictez le contexte plutôt que la consigne. Le modèle sait déjà quoi faire d’un texte, il ignore pour qui vous écrivez. |
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Si vous n’installez rien, commencez ce soir avec le bouton micro de ChatGPT. Le gain de contexte sera là quand même. |
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Dictez dans une pièce calme. La précision descend vite dès qu’il y a du bruit, même avec un bon micro. |
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| Ce qui a cassé. Les noms propres, systématiquement, et « Alegria Group » en tête de liste. Ces modèles sont entraînés sur des conversations ordinaires, et votre jargon métier leur est étranger. La première semaine, j’ai corrigé une quinzaine de mots avant que le dictionnaire se stabilise. |
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| Les pépites |
| Des ressources encore utiles dans six mois. |
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| Le sondage |
| La vitesse à laquelle l’IA avance vous fait-elle peur ? |
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| Un clic pour voter, puis une phrase pour dire pourquoi sur la page qui suit. C’est cette phrase que je lis, et je publie les meilleures la semaine prochaine, y compris celles qui me contredisent. |
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| Vous avez répondu |
| La semaine dernière : utiliseriez-vous une IA sans savoir qui l’a fabriquée, si elle est gratuite et parmi les meilleures du monde ? |
| Je dois savoir qui est derrière 87 % |
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| Le résultat me suffit 13 % |
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« Je me fiche du fabricant, du moment que mon travail intellectuel n’est pas divulgué et que ça reste gratuit. Sinon je ressors mon stylo et mon papier. » Luna · a voté « le résultat me suffit » |
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« C’est un logiciel comme un autre, mais super puissant. Donneriez-vous vos enfants à garder à un total inconnu ? Eh bien c’est pareil. » Véronique · a voté « je dois savoir qui est derrière » |
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« Les biais culturels et les choix politiques dans les données d’entraînement influencent les réponses. La place Tian’anmen occultée sur une IA chinoise, une propagande instillée depuis une IA pro-russe. » Fabrice · a voté « je dois savoir qui est derrière » |
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| Comme d’habitude, n’hésitez pas à répondre à cet email pour nous partager vos retours, votre opinion, et ce que vous pensez du nouveau format de cette newsletter. J’aimerais notamment savoir si la taille et la durée de lecture vous conviennent ou pas.
Hâte de vous lire ! |
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Alexandre
SIGNAL, la newsletter d’Alegria Group
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| Alegria Group · 2-4 rue Mozart, 92120 Clichy, France |
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